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 Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi

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William Y W Ripley



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MessageSujet: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Ven 3 Juin - 20:47

UN PRÉSAGE À PHILIPPI

Des défauts dans la stratégie Confédérée sont évidents lors de la première brève bataille terrestre de la guerre.

Dans la nuit du 2 Juin 1861, et dans les premières heures le lendemain matin, des orages s’abattent sur les montagnes du nord-ouest de la Virginie et inondent la petite ville de Philippi — nommée non pas en honneur de la cité macédonienne de l’Antiquité, mais pour Philip Pendleton Barbour—un ancien Juge de la Cour Suprême et défenseur des Droits des États. Certaines cartes la désignent sous le nom de Phillipa.

Des éclairs de lumière se reflètent dans la Tygart River, la limite ouest de la ville, illuminant un pont couvert s’accrochant à ses rives escarpées, et une poignée de tentes dressées à proximité. La pluie tambourine sur des chariots remplis de vivres et d’équipements militaires, rangés le long des rues. Environ 800 volontaires Confédérés campent parmi la communauté de 300 résidents ou presque, mais ils doivent bientôt partir. Leur commandant sait que des milliers de soldats Fédéraux ont prévu d’attaquer, et que ses combattants inexpérimentés manquent d’armes et de munitions adéquates. Même les tentes sont en nombre insuffisant. Les hommes dormant dans des granges, des maisons privées et des bâtiments publics.

Le plancher d’une école au coin sud-est de la ville n’est pas fait pour un sommeil confortable, et peu après 4 du matin, le Lieutenant David Poe des Virginia's Letcher Guards se lève et se dirige à l’extérieur. La pluie a cessé, mais alors qu’il se tient dans la brume matinale, il entend un « boum » assourdi. L’éclair qui l’accompagne semble venir des pentes abruptes de Talbott Hill juste de l’autre côté de la Tygart. Un second éclair et un autre “boum” finissent de convaincre Poe qu’une autre sorte de tempête est arrivée sur Philippi.

Le premier engagement de la Guerre Civile, sur le continent, vient de débuter.

Après avoir démissionné de sa commission dans l’Armée U.S, le Major Général Robert E. Lee a pris le commandement des forces militaires, navales et terrestres, de la Virginie. Il a à défendre un territoire s’étendant de la côte Atlantique à l’Ohio River, mais Lee rapidement s’est focalisé avec une grande attention sur la protection du nord-ouest — ou plus précisément, sur le crucial chemin de fer Baltimore & Ohio RR qui traverse la Virginie de Harper’s Ferry à Wheeling. Plus loin en descendant l’Ohio River à partir de Wheeling, le chemin de fer Northwestern Virginia RR continue vers l’est à partir de Parkersburg pour rejoindre le B&O RR à Grafton.

Lee envoie le Colonel Thomas Jackson — pas encore connu sous le surnom "Stonewall" — prendre le commandement à Harper’s Ferry et télégraphie aux commandants de la Milice à Wheeling et à Weston d’enrôler des volontaires pour protéger les voies ferrées. Il espère cinq régiments, plus de 3’000 volontaires se rallieront au drapeau de la Virginie, venant de la région située entre Grafton et l’Ohio River.

Trois cents semblent plus proche de la réalité.

Les relations longtemps tendues entre l’est et l’ouest de la Virginie sont tout près du point de rupture. Le système politique de l’État favorise les zones de grandes plantations avec esclaves plutôt que le nord-ouest montagneux et ses liens économiques avec les cités fluviales nordistes et leurs nombreux partisans de l’abolition. Avec un vote à l’échelle de l’État pour savoir si la Virginie doit se séparer de l’Union, les habitants des comtés de l’ouest prévoient de se réunir le 13 Mai à Wheeling pour travailler à l’échec de la sécession — ou, à défaut, d’envisager de former un État séparé du reste de la Virginie. Cependant, Lee ne pensait pas "qu’aucun citoyen de l’État trahirait ses intérêts."

Le 4 Mai, Lee a ordonné au Colonel George A. Porterfield, un diplômé du “Virginia Military Institute” et vétéran de la Guerre du Mexique, de se rendre à Grafton pour organiser l’armée de volontaires qu’il espère et pour protéger les deux lignes de chemin de fer. Des armes et des munitions seront envoyées de Staunton et d’Harper’s Ferry, mais Lee estime que de faire venir des renforts d’autres parties de l’Etat ne serait pas "prudent", car les habitants pourraient s’en offusquer.

A Grafton, Porterfield découvre que les Unionistes ont dispersé ses quelques volontaires, qui se trouvaient à Fetterman, à cinq miles de là. Cependant d’autres compagnies loyales envers sa cause sont organisées à Marion, à Harrison et dans d’autres comtés voisins, et des troupes sont rassemblées à Philippi, à environ 25 miles, où un drapeau sécessionniste flotte au-dessus du Palais de Justice du Comté de Barbour.

Mais il est consterné par ce qu’il trouve à Philippi. C'est comme si un troupeau d'oies avait décidé de jouer au soldat, caquetant et trébuchant _ et ce sont des officiers.
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William Y W Ripley



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MessageSujet: Re: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Ven 3 Juin - 20:52

Les hommes ne savent pas marcher correctement. Leurs armes vont de pistolets à d’archaïques fusils pour chasser les écureuils. Porterfield aurait besoin de plusieurs mois pour en faire une véritable force.

Le 23 Avril, le jour même où Lee a pris en charge l'Armée de la Virginie, le Ministère de la Guerre à Washington a reçu un télégramme d'Ohio. George B. McClellan a fièrement annoncé que le Gouverneur de l'Ohio l’avait placé en charge de toutes les troupes de l'Etat, mais s'est plaint qu'il était «dans la position d'un commandant avec rien d’autre que des hommes _ mais sans armes ni vivres". Il demande 10’000 fusils modernes et 5 millions de cartouches pour qu'il puisse bien entraîner ses recrues. Quelques jours plus tard, le Ministère de la Guerre place McClellan en charge du Département de l'Ohio, un peu élargi afin d'englober l'Ohio, l’Indiana, l’Illinois, le Missouri, le Kentucky, un petit bout de la Pennsylvanie et tout le nord de la Virginie se trouvant au-dessus de la Big Kanawha River et à l'ouest de la Greenbrier River. Mais Winfield Scott, commandant en chef de l'armée, n'a pas jugé opportun de confier à McClellan des recrues pour 90 jours avec les meilleures armes, qui auraient disparues quand les hommes seraient rentrés chez eux.

Scott n'a pas non plus fourni d’armes aux troupes pro-Unionistes de Virginie que l’on organise sur Wheeling Island. Le 1er d’Infanterie de Virginie (U.S.), commandé par le Colonel Benjamin Franklin Kelley, a 1’000 hommes vers la mi-mai. Les Unionistes ont formé un second régiment à Wheeling, mais en attendant que la Virginie ait voté pour ou contre la sécession, le Ministère de la Guerre a maintenu la neutralité de l'État. McClellan aurait pu envoyer des anciens fusils à silex, mais le statut ambigu de la Virginie et la politique du gouvernement fédéral pour une non-ingérence, limitaient ses actions. Pour armer les hommes à Wheeling, les habitants de Wellsburg tout proche, se sont finalement arrangés avec le Gouverneur John Andrew du Massachusetts pour acheter quelques vieux fusils Springfield.

Pendant ce temps, dans la nuit du 22 Mai, l'un des piquets de garde de Porterfield, le soldat Daniel W. Knight, a échangé des coups de feu sur un pont à Fetterman avec Thornbury Bailey Brown, un soldat des Grafton Guards pro-Unionistes. Knight a été touché à l'oreille, mais Brown est tombé raide mort, désigné comme la première victime de la Guerre, dans un combat entre soldats.

Le lendemain, les Virginiens ont voté 125’950 contre 20’373 pour se séparer officiellement de l'Union. Les votes des 34 comtés de l'Ouest n'ont jamais été comptés. Le 24 Mai, Porterfield occupe Grafton avec moins de 500 hommes. Une lettre du Gouverneur de Virginie, John Letcher, lui suggére de "prendre un train, de nuit, de se rendre à Wheeling, et de saisir les armes envoyées récemment à cet endroit".

Porterfield peut avoir murmurer quelques mots au sujet de l'ignorance de Letcher sur sa situation, mais il a suivi la suggestion du Gouverneur de détruire les ponts de chemin de fer pour prévenir toute tentative de mouvements des Fédéraux.

Après la fin du vote de la Virginie, le Ministère de la Guerre télégraphie à McClellan, l'exhortant à contrecarrer le déplacement de Porterfield.

Le 26 Mai, McClellan ordonne à Kelley de se déplacer en train pour réparer et sécuriser les ponts avec le soutien du 16ème d’Infanterie d’Ohio. McClellan a alors publié une proclamation adressée aux "hommes de l'Union de Virginie occidentale."

"J'ai ordonné aux troupes de traverser le cours d’eau," a écrit McClellan."Ils viennent en amis et en frères." Ils ne veulent pas interférer avec l'esclavage, rassure McClellan, et écraseront "avec une main de fer" toute tentative d'insurrection des esclaves. Celle avortée de John Brown lors d'une révolte d'esclaves à Harper’s Ferry, en 1859, est toujours suspendue au-dessus des propriétaires d'esclaves de Virginie comme un orage menaçant.

Vers quatre heures du matin, le 27 Mai, les hommes de Kelley montent à bord d'un train à Wheeling - après qu'il eut menacé de prison, le représentant du B & O RR s'il ne fournissait pas de wagons. Ils reconstruisent le pont Mannington cette nuit-là, sécurisant les environs de Fairmont le lendemain, et le 1 Juin sont à Grafton. Mais les Rebelles sont entre-temps retournés à Philippi. Des sympathisants sudistes au bureau du télégraphe informent Porterfield que 1’500 soldats de l'Union sont en route, et il sait qu'il n'a aucun espoir de tenir la ville. Aucun arsenal ne va lui envoyer ses meilleures armes. À Harper’s Ferry, Jackson a été contraint de payer 5 $ pièce pour racheter pour son propre usage, les fusils qui ont été distribués à la milice locale avant son arrivée. L'arsenal de Richmond n’a que 9’363 armes à feu, dont 6’700 sont de vieux fusils à silex et des pistolets.

Porterfield a reçu ce qu'il décrira plus tard comme «1’000 fusils rouillés », une poignée de munitions et quelques barils de poudre en vrac. Pire, la plupart des amorces à percussion qui lui ont été envoyées sont pour fusils de chasse, trop grandes pour les cheminées de fusils. En bref, il a des armes à feu à peu près inutiles et environ 600 fantassins et 175 troupes montées, dont certaines récemment arrivées de la région de la Shenandoah. "Si on avait voulu me sacrifier, je ne me serais pas attendu à moins de soutien que ce que j'ai eu », s’est-il plaint.


Dernière édition par William Y W Ripley le Sam 4 Juin - 1:29, édité 1 fois
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William Y W Ripley



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MessageSujet: Re: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Ven 3 Juin - 20:58

Et si cela ne suffisait pas, Porterfield apprend le 2 Juin que les Fédéraux sont en route. Mme George Whitescarver de Pruntytown, une espionne confédérée dont le mari est soldat sous les ordres de Porterfield, renseigne le Colonel avec des détails d'une attaque planifiée sur deux fronts pour couper sa ligne de retraite. Une colonne d'attaque a quitté Grafton ce matin-là. Lors d’une réunion d’Etat-major cet après-midi, Porterfield décharge sa colère sur la façon dont il a été "maltraité par son pays." Critiqué pour le retrait de Grafton, il a l'intention de tenir Philippi aussi longtemps que possible.

Ses officiers, cependant, ont déjà choisi de partir. Certaines compagnies ont à peine cinq amorces à percussion par homme; une autre en a encore moins. Sans gibernes, les hommes portent la poudre dans leurs poches où la transpiration et la pluie l'humidifie. Même s’ils sont retranchés sur les hauteurs en dehors de la ville, ils ne sont équipés que pour un combat de 15 minutes. Néanmoins, Porterfield a déclaré qu'il n'y aurait pas de repli avant le matin. S'il est attaqué, les hommes devront faire une retraite en bon ordre jusqu’à Beverly, à 25 miles et plus haut dans les monts Allegheny.

Vers le crépuscule, quand le rapport de Mme Whitescarver est confirmé, Porterfield change ses ordres. La retraite commencera à minuit à moins qu'il n’y ait de la pluie. S'il pleut, les piquets d'infanterie rentreront à minuit, sinon, ils resteront de garde jusqu'à 2 heures du matin La cavalerie restera en patrouille.

Ce sont des ordres ambigus pour les troupes qu'il considérait déjà comme de la canaille sans entraînement. La plupart des cavaliers ont désobéi aux ordres, étant de retour vers minuit. Les piquets d'infanterie étaient déjà rentrés pour échapper à la pluie. Personne n’a averti Porterfield.

La tempête a débuté entre 20 heures et 22 heures. Les pluies abondantes, l’assourdissant tonnerre et les éclairs fréquents invitent un capitaine confédéré à observer, "Par l’enfer, une armée qui marche une nuit comme celle-ci doit être composée de damnés imbéciles."

Tandis qu'il parle, deux colonnes de «damnés imbéciles" sont en train de piocher leur chemin vers Philippi. McClellan a envoyé le Brigadier Général Thomas Morris de la Milice d’Indiana pour occuper Grafton. Deux régiments d’Ohio et deux régiments d'Indiana, ainsi que le 1er régiment d'Artillerie Légère, sont en route par train en provenance de Parkersburg.

Morris a averti Kelley de son projet d'attaque jusqu'à ce que ses renforts soient arrivés, pour permettre un double enveloppement. Le Colonel Ebenezer Dumont du 7ème d'infanterie des Volontaires d’Indiana formera une colonne pour engager les rebelles à partir de l'ouest et "pour détourner l'attention jusqu'à ce que l'attaque [principale] soit faite par le Colonel Kelley," qui frappera du sud-est avec six compagnies du 1er de Virginie (de l’Ouest), neuf compagnies du 9ème d’Indiana et six du 16ème d'Ohio - environ 1’600 hommes au total. Les deux colonnes largement séparées doivent arriver simultanément à Philippi à 4 heures du matin sans aucune ligne de communication entre elles, un coup de pistolet de Kelley sera le signal de début de la bataille.

Dans la matinée du 2 Juin, les hommes de Kelley sont montés à bord d'un train en direction de l’est, sous couvert d'aller capturer Harper’s Ferry, au lieu de cela, ils débarquent à Thornton, à sept miles de Grafton et à l'est de la Tygart River, et commencent une marche de 25 miles qui les aménera à Philippi par le sud.

Le Capitaine Robert MacFeely décrit la marche:..... « Les chariots contenant des couvertures, des manteaux, et des rations d'une journée sont à l’arrière. Un maigre dîner est offert par des fermiers. Campement à 22:00, à neuf miles de Philippi. Les chariots sont toujours à l’arrière, pas de souper. Commence à tomber une pluie terrible. Les hommes sont affamés, fatigués, mouillés et se plaignent beaucoup ». Certains hommes, épuisés, s'endorment en marchant. Comme leurs adversaires, ils ont quelques boîtes de cartouches, et ils portent leurs charges dans les poches de leurs vêtements trempés.

Près de Dantown, Kelley a choisi le mauvais chemin, choix qu'il attribue à un guide sécessionniste qu’il a lui-même engagé. Au lieu de venir sur les arrières des rebelles, ses hommes arrivent au même endroit que la force de diversion du Colonel Dumont.

A 20:30, Dumont et huit compagnies du 7ème d'Indiana prennent un train au sud-ouest de Grafton pour Webster pour rejoindre les compagnies du 6ème d'Indiana, des 14ème et 15ème d'Ohio, et deux canons de 6 livres du 1er d’Artillerie Légère d’Ohio. Ils commencent leur marche de 15 miles vers Philippi avec le Lieutenant Benjamin Ricketts du 7ème d'Indiana ouvrant le chemin à l’aide d’une lanterne. Malgré les averses, ils font les cinq derniers miles en 1 heure et 15 minutes, selon Dumont. Les hommes épuisés tombent le long du chemin. Les canons sont positionnés sur Talbott Hill.
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MessageSujet: Re: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Ven 3 Juin - 21:04

Le bruit de l'infanterie approchant sur la colline réveille Matilda Humphreys, qui a un fils parmi les troupes de la ville. Elle réveille le fils le plus jeune, Oliver, et le place sur un cheval pour aller avertir son frère. Les Fédéraux font tomber Oliver au sol. Sa mère les assaillent à coups de bâtons, de pierres et de coups de poing et remet le garçon sur son cheval. Les soldats le font descendre de nouveau. Elle sort alors un pistolet qu’elle avait caché et tire. Elle manque son coup, mais les canonniers pensent que le coup de feu est le signal de Kelley et ouvre le feu. Quelques instants plus tard la deuxième pièce tire. Il est 4 heures 20.

En ville, le Lieutenant Poe a entendu le canon, a alerté son commandant et commence à former les Letcher Guards.

Le Capitaine D A Stofer, sur le point de relever la garde près du pont couvert, sort quand il entend le canon. Il voit des hommes armés à 500 mètres, descendant Talbott Hill. Un autre groupe, environ à égale distance, approche par la route du cimetière _ en dépit de tout, les hommes de Kelley sont arrivés à moins d'une demi-heure du temps spécifié, mais au mauvais endroit. Stofer dit aux gardes de se sauver, ensuite il va réveiller l'armée endormie.

Avec pratiquement personne en opposition, le 7ème Indiana se précipite sur le pont et se trouve juste à l'extérieur de la ville, mais Dumont freine le reste de ses troupes. Pour des raisons politiques, les Virginiens de l’Ouest de Kelley sont censés être les premiers à s'emparer du pont.

Le Colonel Porterfield s'est réveillé à la maison de Mme Strickler et calmement s'habille. Il se dirige vers l'auberge Barbour où se trouve son quartiers général, selle son cheval et se dirige vers une ligne d'hommes à l'extrémité nord de la rue. Réalisant que ce ne sont pas ses hommes, il fait demi-tour et repart lentement de la façon dont il était venu.

La ville est en effervescence. Les soldats de Porterfield se précipitent çà et là. Des chevaux montés ou sans cavaliers et terrifiés, galopent dans les rues. Les civils gagnent rapidement les collines boisées. Une femme tellement apeurée a laissé son bébé dans son berceau quand elle a fui.

Un boulet de canon ricoche dans une grange où la Churchville Cavalry a dormi et frappe la jambe de James E. Hanger. Le soldat Rebelle n'est arrivé à Philippi que le 1 Juin. Il s'était porté volontaire pour une compagnie au Washington College de Lexington, mais sa mère l’avait désapprouvé et lui avait demandé de rejoindre deux de ses frères dans la Churchville Cavalry. Les Fédéraux l’ont trouvé dans la grange quatre heures après avoir été blessé, et le Dr James D. Robinson, chirurgien du 16ème Ohio, a effectué ce qui est probablement la première amputation de la guerre.

La plupart des compagnies de Porterfield sortent de la ville sur la route de Beverly, de façon plus ou moins ordonnée jusqu'à ce que la Churchville Cavalry s’enfuie s’emmêlant dans leurs colonnes. Les cavaliers se sont arrêtés à un demi-mile de la ville et ont formé une arrière-garde.

Le Colonel Kelley est à la tête de trois compagnies de Fédéraux remontant la rue principale. Près de l'extrémité sud de la ville, une balle de pistolet s'enfonce dans le côté droit de sa poitrine, un moment plus tard, il est renversé de sa selle. La blessure semblait fatale, mais il a récupéré et a été promu au grade de Brigadier Général.

Les Rebelles en retraite laissent derrière eux, une demi-douzaine de chariots remplis et leurs instruments chirurgicaux, mais seulement cinq des leurs seront faits prisonniers, y compris le soldat Hanger. Affamés, fatigués, les Fédéraux ne se lanceront pas à la poursuite des Confédérés.

La "première bataille terrestre de la Guerre Civile" a duré peut-être 30 minutes. Chacun des camps a gonflé les effectifs de l’adversaire ainsi que les pertes, mais moins de douze hommes ont été blessés, et il n’y a pas eu de mort. Les Nordistes disent ironiquement que c’est une déroute "les courses de Philippi." Les Sudistes rétorquent que la plupart des hommes de Porterfield se sont retirés en bon ordre, conformément à ses plans. Les deux ont en partie raison.

Sur la base de la victoire de Philippi, et d'une autre à proximité de Rich Mountain le 11 Juillet, McClellan a reçu le commandement de l'Armée du Potomac, la plus grande Armée de l'Union. Porterfield a été acquitté par une commission d'enquête qui a salué ce qu'il avait fait avec de maigres ressources, mais a condamné son «manque de prévoyance et de vigilance. » Relégué à des postes d’Etat-major, il a connu sa fin de carrière militaire un an plus tard, quand il a été capturé et mis en liberté conditionnelle.
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William Y W Ripley



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MessageSujet: Re: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Ven 3 Juin - 21:18

Bien qu’elle ait été petite, l'escarmouche sur la Tygart River contenait presque tous les éléments qui détermineront l'issue de la guerre, y compris l'utilisation efficace par le Nord du transport ferroviaire. Dans l'ouest de la Virginie - qui deviendra la Virginie-Occidentale en 1863 – les dirigeants du Sud ont affiché la myopie qui les a caractérisé dans toutes leurs tentatives de reconquérir le territoire qu'ils considéraient comme la maison de Sudistes patriotiques qui gonfleront leurs rangs par milliers s’ils sont libérés de «l'oppression Yankee. » Au Maryland, au Kentucky et ailleurs, le raz de marée attendu de volontaires ne s'est jamais matérialisé, pas plus que des dispositions n’ont jamais été prises afin d'armer et d'équiper ces volontaires pour sécuriser le territoire «libéré».

Souvent la ténacité, le terrain et l’audacieux leadership maintiendra le rêve d'une Confédération Sudiste vivant encore durant quatre sanglantes années, mais son épitaphe était déjà écrit à Philippi: Trop peu d’hommes essayant de défendre avec trop peu de moyens, luttant contre un peuple chez qui les liens de l’Union étaient devenus trop forts à rompre.

________________________________________
Gerald D. Swick est Rédacteur en chef Web pour le Weider History Group et l’auteur de Historic Photos of West Virginia.
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MessageSujet: Re: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Ven 3 Juin - 21:24

*


le pont couvert de Philippi


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MessageSujet: Re: Le 3 Juin 1861: Bataille de Philippi   Aujourd'hui à 5:44

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