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 Les Français dans la guerre de Sécession, 1861-1865

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MessageSujet: Les Français dans la guerre de Sécession, 1861-1865   Ven 1 Juin - 21:57

Auteur : Farid Ameur

Docteur en histoire, Farid Ameur est actuellement chercheur...

Les Français dans la guerre de Sécession, 1861-1865

Contrairement à une idée reçue, les Français sont présents dans la guerre de Sécession À mi-chemin de l’indépendance des États-Unis et du premier conflit mondial, les événements qui se sont succédé de 1861 à 1865 ont ouvert un chapitre insolite et totalement méconnu de l’histoire des relations franco-américaines. Mêlés bon gré mal gré aux péripéties d’une lutte fratricide appelée à sceller les destinées d’une nation dont Alexis de Tocqueville venait alors de prédire l’essor, les Français n’en ont pas été de simples spectateurs.


À l’instar des autres groupes d’immigrants, ils en ont été à la fois les témoins, les acteurs et les victimes. C’est leur expérience inédite que nous nous proposons ici d’étudier avec d’autant plus d’intérêt qu’elle intervient au moment où la jeune République outre-Atlantique traverse son moment suprême d’épreuve.


Les Français d’Amérique face à l’événement

Pourquoi s’intéresser à la communauté française fixée aux États-Unis sous le second Empire ? Précisément parce qu’elle offre, de par ses caractéristiques propres, un remarquable champ d’étude. D’après les statistiques fédérales, les French-Born sont environ cent dix mille à vivre à l’ombre de la bannière étoilée, soit 2,66% de la population immigrée. Malgré cette faible représentation à la veille des hostilités, ils forment le groupe national le plus important après les éléments allemands et anglosaxons, ce qui fait d’eux la cinquième minorité du pays. Surtout, ils présentent l’image d’une colonie qui tarde, à défaut d’attaches solides, à se fondre dans une société américaine en pleine effervescence. Là réside leur principale spécificité. Loin de vouloir prendre pied dans le mainstream ambiant, les Français d’Amérique exaltent leurs différences culturelles, entretiennent le culte de la mère patrie, où ils nourrissent l’espoir de retourner après avoir assuré leur avenir, et ne se précipitent pas avec entrain dans le creuset de nationalités que propose le Nouveau Monde. Et cependant, ils portent en eux les germes de la division. Dans un pays qui a déjà atteint la dimension continentale, la colonie française réunit en son sein une population hétéroclite, désunie, privée d’influence, dispersée et d’immigration encore trop récente pour cultiver les liens de commune origine. Aussi avons-nous voulu voir comment elle avait vécu et appréhendé le déroulement de la crise sécessionniste. En tant que ressortissants d’un pays neutre, les Français ont-ils pu et su conserver leurs distances ou ont-ils cédé, à la faveur d’une guerre totale qui a tant servi à cimenter la nation américaine, à la tentation de l’américanisation, processus d’assimilation sur lequel ils avaient jusqu’alors jeté l’anathème ?

Un examen approfondi des sources nous a démontré que la colonie française, affaiblie par des dissensions internes, une organisation embryonnaire et des structures trop lâches, s’est laissée entraîner, bien malgré elle, dans les convulsions politiques américaines. De l’exécution de John Brown au bombardement de Fort Sumter, les French-Born ont suivi avec un intérêt sans cesse renouvelé les événements menant à la dissolution de l’Union. Pris dans la logique des « sections », ils n’hésitent plus à étaler au grand jour leurs opinions sur les questions pendantes. Dans un pays en ébullition, ils sortent de leurs réserves. Voilà des immigrants que l’on croyait indifférents aux affaires politiques de leur pays d’accueil rompre avec leurs habitudes et prendre vigoureusement parti pour l’un ou l’autre des deux camps. La montée des extrémismes, l’esclavage, les élections présidentielles, l’Union et la sécession font l’objet de discours enflammés, si bien que l’ouverture des hostilités en avril 1861 ajoute une pomme de discorde dans leurs rangs. Cet enthousiasme, il faut en convenir, n’est pas général. Les Français se tiennent à l’écart de l’arène politique. De New York à La Nouvelle-Orléans, ils restent pour la plupart absorbés par leur réussite matérielle et observent avec quelque circonspection la marche des événements. Beaucoup, d’ailleurs, n’ont pas saisi la gravité et les enjeux de la sécession. Il n’empêche qu’ils partagent pour la première fois les émotions de la population américaine et qu’ils embrassent parfois avec ardeur la cause de leur État de résidence, comme s’ils avaient pris conscience de vivre, selon le mot de Lincoln, dans une « Maison divisée ».

La politique ambiguë de Napoléon III accroît la confusion des esprits. Le 10 juin 1861, l’Empereur impose à ses sujets le devoir d’observer « une stricte neutralité » entre les parties belligérantes, position de façade dans la mesure où il appelle de ses vœux le succès du Sud. Malgré des déclarations de principe, le cabinet des Tuileries ne fait pas de la défense de ses ressortissants l’un des axes majeurs de sa politique. D’autant que sur le terrain, l’application de la neutralité est toute relative. Avec une grande indépendance d’esprit, les Français ne s’en tiennent pas à cette « ligne d’abstention totale » voulue par leur gouvernement, ce qui ne les empêche pas de réclamer en retour une « protection efficace». Suivant le lieu de résidence, les tendances se teintent de séparatisme ou d’unionisme, ne serait-ce que pour ne pas s’aliéner les sentiments de la population au milieu de laquelle ils vivent. En outre, les représentants de l’Empereur sont loin de montrer l’exemple. Par complaisance ou manque d’intégrité, officiers de marine et agents du corps diplomatique et consulaire faussent eux-mêmes les règles de la neutralité. À quelques exceptions près, leurs efforts visent à promouvoir les intérêts du Sud. Par affinités ou par calcul politique, ils expriment sans ambages leur profonde aversion pour Lincoln et l’administration fédérale. Ils ne cachent pas leurs sympathies pour le Sud libre-échangiste, grand exportateur de coton, importateur de produits manufacturiers et plus ou moins ouvert au principe d’une intervention française au Mexique. À Washington, le baron Mercier s’accommode vite à l’idée de voir l’Union américaine se séparer en deux républiques indépendantes et rivales. Son séjour à Richmond en avril 1862 le conforte dans son souhait de voir Napoléon III admettre la Confédération dans le concert des nations et d’intervenir en sa faveur, serait-ce à coups de canon. Son successeur, Louis de Geoffroy, est également explicite lorsqu’il se plaît à relever l’incapacité des généraux nordistes et à rapporter les impertinences du secrétaire d’État Seward. Enfin, il arrive aux consuls de France de se livrer à des excès de complaisance envers la rébellion, sans encourir autre chose que des rappels à l’ordre. Ainsi, au lendemain de la chute de La Nouvelle-Orléans, en avril 1862, le comte Méjan se rend coupable d’actes irrégulierscausant de graves embarras à ses nationaux et, par extension, à la diplomatie française. Il était donc illusoire d’imaginer que les fonctionnaires impériaux pourraient ou qu’ils seraient disposés, au milieu de l’effervescence populaire, à contenir l’ardeur belliqueuse de certains de leurs compatriotes.

Lorsque éclate la guerre civile en avril 1861, les Français sont nombreux à répondre à l’appel sous les drapeaux. Cédant à la pression populaire, épris d’aventures, séduits par une cause idéologique à défendre ou cherchant simplement un moyen d’échapper à la misère, des milliers d’entre eux accourent dans les bureaux de recrutement pour s’inscrire sur les registres régimentaires et endosser l’uniforme bleu de l’Union ou gris de la Confédération. Au milieu du fracas des armes, la proclamation de neutralité de Napoléon III du 10 juin 1861, quoique très largement diffusée, ne parvient pas à remplir son rôle dissuasif. De part et d’autre de l’Atlantique, le mythe de La Fayette reprend vigueur pour le plus grand déplaisir des autorités impériales. Exilés en Angleterre, trois princes de la famille d’Orléans, le comte de Paris, le duc de Chartres et le prince de Joinville, offrent leur épée à la cause de l’Union. Avec un égal empressement, Camille de Polignac, fils du ministre de Charles X, rejoint quant à lui le camp des Confédérés. Autour de la figure idéalisée du « héros des deux mondes » sonne l’heure du rapprochement franco-américain. Pour les Français, toujours prompts à s’enorgueillir de la fraternité d’armes scellée au temps de l’Indépendance des États-Unis, c’est sans conteste la « nouvelle guerre d’Amérique ». Comme en 1776, le Nouveau Monde s’en remet à la fortune des armes.

À l’instar des autres groupes d’immigrants, les volontaires français tentent d’abord de se regrouper dans des corps homogènes capables d’imposer leur identité nationale et d’exalter leurs traditions militaires. À New York, trois unités d’infanterie sont fondées au début de la lutte : les « Gardes La Fayette » (55e New York), les « Zouaves d’Épineuil » (53e New York) et le bataillon des « Enfants Perdus » (Independent Corps). Les Français du Sud ne sont pas en reste. En Louisiane, à La Nouvelle-Orléans, les notables de la colonie créent, sous les auspices des autorités municipales et du consul de France, une « Légion française » et une « Brigade française » pour assurer un service de garde civique. À l’échelle locale, la milice a constitué un point de ralliement naturel pour tous les individus souhaitant être tenus à un seul rôle de police et de surveillance. Dans le Nord, plusieurs corporations militaires et groupes d’autodéfense ralliés à la cause de l’Union ont réuni de petits contingents de Français à Philadelphie, New York, San Francisco, Leavenworth et Cheltenham, mais sans jamais sortir de leurs attributions spécifiques et sans avoir d’existence durable. Dans les États du Sud, les milices françaises ont été soumises à de plus fortes pressions, notamment en raison de la crainte des soulèvements d’esclaves et de la prolifération des brigands. Celles de Mobile ont été intégrées dans des régiments de volontaires. Il est probable que celle de Memphis ait subi le même sort. À Richmond et à Charleston, les miliciens français ont pris rang dans des corps étrangers pour pallier leur faible nombre et se placer sous la protection des consuls européens. Dans des coins reculés de la Louisiane, des Defense Guards ont également vu le jour dans les paroisses de St James et de St Martin.

Malgré quelques coups d’éclat, tous ces corps n’ont eu qu’une existence éphémère. Contrairement aux Irlandais et aux Allemands, les Français ont eu tendance à se disperser, à s’engager isolément ou par petits groupes. Dès le premier appel aux armes, les divisions de la colonie ont refait surface. Les divergences politiques, les querelles de personnes et les luttes d’influence ont constitué autant de pierres d’achoppement. Les nominations des officiers, en particulier, ont avivé les jalousies et semé la zizanie dans les rangs. Formés et commandés par des officiers français, ces divers corps ont perdu très vite, faute d’un nombre suffisant de volontaires, le caractère national qui avait présidé à leur création et, malgré les réserves des uns et les appréhensions des autres, ont dû américaniser leurs rangs pour atteindre les effectifs réglementaires, résultat paradoxal dans la mesure où l’idée première était de promouvoir et de célébrer la différence.

Il reste que les Français se sont davantage distingués isolément, certains parvenant à gravir les échelons de la hiérarchie militaire. Quelques destins individuels méritent ici d’être cités. Originaire de Bretagne, le journaliste Régis de Trobriand, que rien ne prédisposait au métier des armes avant d’être élu colonel des « Gardes La Fayette », gagne au feu ses étoiles de général et commande une brigade à Gettysburg. L’un de ses compatriotes, Alfred Duffié, ex-lieutenant de cavalerie de l’armée française, reçoit la même promotion eu égard à ses états de services. Officier prêt à toutes les audaces, Victor Girardey, qui a épousé avec ardeur la cause du Sud, atteint lui aussi le grade de général de brigade avant d’être tué lors du siège de Petersburg en 1864. Le comte de Paris et le duc de Chartres servent pendant neuf mois dans l’état-major du général McClellan avec le grade de capitaine, leur oncle, le prince de Joinville, se contentant d’un rôle d’observateur civil et de conseiller militaire auprès du commandant de l’armée du Potomac. Ils y croisent le colonel Gustave Cluseret, le futur général communard, qui y représente l’opposition républicaine à Napoléon III. Côté sudiste, le prince Camille de Polignac se hisse peu à peu au rang de général de division, devenant, pour la postérité, le « La Fayette du Sud »
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MessageSujet: Re: Les Français dans la guerre de Sécession, 1861-1865   Ven 1 Juin - 22:00

Les enfants perdus du second Empire

Les enfants perdus du second Empire
10 Que faut-il retenir de la participation française à la guerre de Sécession ? Certainement pas son nombre, qui se situe selon toute vraisemblance dans une fourchette allant de 10 000 à 15 000 soldats. Cette contribution paraît dérisoire au regard des trois millions d’hommes à avoir servi sous les drapeaux entre 1861 et 1865. L’apport de la communauté française semble relever de l’anecdote à côté des 200 000 Allemands et des 175 000 Irlandais enrôlés dans les armées de l’Union et de la Confédération. Or, s’il convient de ramener cette mobilisation à de justes proportions, les Français n’en ont pas moins imprimé une marque caractéristique, surtout dans la première année du conflit. Dans les deux camps, la French craze a battu son plein comme en témoigne l’engouement des Américains pour les zouaves. On s’est arraché les services des Français, on s’est bousculé pour servir à leurs côtés et sous leurs ordres, d’où leur surreprésentation dans le corps des officiers. Le secret de leur popularité, aussi éphémère qu’elle ait pu être, a résidé dans la réputation flatteuse faite à la Furia francese, les récents succès des armées impériales, la présence de vétérans des guerres européennes et, souvent, les tenues chamarrées des régiments dits « français ». Mais bientôt rattrapés par les réalités de la guerre, ces corps militaires, on l’a vu, n’ont pas connu la brillante carrière à laquelle on les promettait. Peu de faits d’armes, sinon individuels, sont à mettre à leur actif. Une contribution exceptionnelle doit cependant être mentionnée. En avril 1862, les milices françaises de La Nouvelle-Orléans sauvent la « Reine des villes » d’une destruction quasi certaine par les flammes en réprimant pendant une semaine le mouvement populaire qui a éclaté entre l’évacuation des troupes rebelles et l’occupation effective des forces fédérales

Somme toute, cette participation militaire revêt surtout une forte charge symbolique. À la différence des autres groupes d’immigrants, les Français ont prétendu se raccrocher à une geste héroïque, celle de la guerre d’Indépendance. En s’enrôlant sous la bannière de l’Union et de la Confédération, ils ont perpétué la tradition militaire de leurs aïeux en Amérique. Cette assimilation historique a été en quelque sorte le socle idéologique de leur enrégimentement, la référence incontournable de l’amitié franco-américaine. Du Nord au Sud, le mythe de La Fayette n’a pas fait qu’emporter les imaginations ; il a conduit à faire acte de dévotion. Sous l’uniforme, les Français se sont volontiers imaginés être les nobles héritiers du « Héros des deux mondes »

Le fait majeur se situe ailleurs. Pour les immigrants français, l’expérience de la guerre de Sécession a été traumatisante. Pendant quatre années, ils ont été mêlés aux péripéties d’une lutte que rien ne prédisposait alors à devenir l’archétype des guerres modernes. Sur le front, ceux qui ont survécu à l’enfer des combats, des hôpitaux et des prisons ont pu témoigner de l’acharnement des belligérants et des rigueurs de la vie militaire. À l’arrière, les civils n’ont pas été ménagés. Malgré leur qualité de ressortissants d’un pays neutre, les Français se sont souvent plaints de déprédations, d’exactions et de mesures vexatoires, sans jamais obtenir de concessions. La lutte n’a pas été propice aux ménagements. Les divisions internes ont affaibli le degré de résistance communautaire. En outre, l’expédition du Mexique a donné naissance à un sentiment antifrançais qui a porté préjudice aux sujets de Napoléon III. Qu’ils aient pris parti ou non, les Français ont connu le même sort que leurs voisins. On en a pour preuve les abus de la conscriptionet les cas d’enrôlements forcés que les consuls, à défaut de pouvoir y remédier, signalent dès le printemps 1862. La guerre a été l’affaire de tous, à l’exception des résidents de la lointaine Californie. Dans le Sud particulièrement, les Français ont été touchés par le renchérissement de la vie, les pénuries alimentaires, la paupérisation des campagnes et le climat d’insécurité qu’entretiennent les soldats, les guérillas et les esclaves en fuite. En un mot, les procédés des belligérants ont détruit les illusions des migrants qui croyaient pouvoir rester en marge du conflit en invoquant le bénéfice de la neutralité[16] The French and American Claims Commission: Records of Claims,...
suite. Par son caractère total, la guerre s’est invitée au sein d’une communauté qui cultivait jusqu’alors ses particularismes dans le décor outre-Atlantique et regardait avec défiance et suffisance le mainstream ambiant. Pour la première fois, elle n’a pu résister à la vigueur du courant et s’est jetée, par la force des choses, dans le grand bain de l’américanisation.

La guerre de Sécession constitue un tournant dans l’histoire de l’immigration française aux États-Unis. À la faveur des bouleversements politiques et sociaux qu’engendre la lutte, les Français ont tissé des liens nouveaux avec leur patrie d’adoption en même temps qu’ils ont consommé la rupture avec leur pays d’origine. Absorbée par la pénurie de coton et la question mexicaine, la France impériale a été accusée d’abandon. Incapable d’étendre une protection efficace, alors même que sa marge de manœuvre était limitée, elle a altéré son image et perdu de son crédit au milieu des événements. Dans le Sud, notamment, les calamités de la lutte et le ralentissement des communications ont renforcé l’incompréhension, l’aigreur et la rancœur à son égard.


La guerre de Sécession a ouvert la voie à l’assimilation. Les Français ont partagé les souffrances et les inquiétudes de la population américaine. Les dangers, les sacrifices et les épreuves du quotidien les ont obligés à sortir de leurs réserves, à s’attacher aux principes en jeu et à intégrer des solidarités extracommunautaires. Le passage dans les armées a noué des liens nouveaux, ouvert des barrières et gommé certains préjugés. Ceux qui ont servi dans les armées de l’Union acquièrent de plein droit la citoyenneté et perçoivent une allocation du gouvernement fédéral. Dans les États du Sud, le mythe tenace de la « cause perdue » donne aux anciens combattants une aura qui va durer plusieurs générations. Qu’ils aient été dans le camp des vainqueurs ou des vaincus, les immigrants français ne sont plus les « oiseaux de passage » ou les « Keskydees » qu’ils prétendaient être jadis. Ils sont définitivement passés de l’Ancien au Nouveau Monde.

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MessageSujet: Re: Les Français dans la guerre de Sécession, 1861-1865   Ven 1 Juin - 22:01

Notes[ 1 ] Docteur en histoire, Farid Ameur est actuellement chercheur associé à l’UMR Irice. Cet article rend compte de sa thèse de doctorat « Les Français dans la guerre de Sécession, 1861-1865 », présentée sous la direction d’André Kaspi, et soutenue à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne le 14 avril 2010 (mention « Très Honorable avec les félicitations du jury »). Le jury était composé d’André Kaspi (directeur de thèse, professeur émérite, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), de Jacques-Olivier Boudon (professeur, Université Paris-Sorbonne Paris IV), de Francis Balace (professeur honoraire, Université de Liège) et d’Hélène Harter (présidente du jury, maître de conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

[ 2 ] U.S. Census Office, Eight Census, 1860. The Statistics of the Population of the United States, Washington, DC, Government Printing Office, 1864-1866, XXIX.

[ 3 ] Frédéric Gaillardet, L’aristocratie en Amérique, Paris, E. Dentu, 1883, p. 370.

[ 4 ] Auguste Foubert, La vie d’émigrant en Amérique, Paris, Librairie Paul Dupont, 1875, p. 145-146 ; Louis-Xavier Eyma, La vie dans le Nouveau Monde, Paris, Poulet-Malassis, 1862, p. 302.

[ 5 ] New York Daily Press, 29 avril 1861 ; L’Abeille de La Nouvelle-Orléans, 22 avril 1861.

[ 6 ] Le Moniteur universel, 11 juin 1861.

[ 7 ] Exposé de la situation de l’Empire présenté au Sénat et au Corps Législatif (novembre 1863), Paris, Imprimerie de Paul Dupont, 1863, p. 18.

[ 8 ] Acquis à la cause du Sud, le comte Méjan s’est compromis, entre autres, en abritant clandestinement d’importants fonds confédérés dans l’enceinte du consulat de France.

[ 9 ] Cf. Milledge Bonham, « The French Consuls in the Confederate States », in Archibald Dunning, Studies in Southern History and Politics, New York, Columbia University Press, 1914, p. 83-107.

[ 10 ] Le Courrier des États-Unis, 21 avril 1861, 4 janvier 1862 ; New York Times, 10 août, 23 novembre 1861.

[ 11 ] Règlements de la Légion française formée à La Nouvelle-Orléans le 26 avril 1861, La Nouvelle-Orléans, Imprimerie de J. Lamarre, 1861, p. 3-4.

[ 12 ] Se reporter notamment à Régis de Trobriand, Quatre ans de campagnes à l’armée du Potomac, Paris, A. Lacroix, 1874, 2 vol. ; Camille de Polignac, L’Union américaine après la guerre. Pour la défense des États du Sud, Paris, E. Dentu, 1866 ; Gustave Cluseret, Mémoires du général Cluseret, Paris, Jules Lévy, 1888, 3 vol. ; Louis-Philippe d’Orléans, Comte de Paris, Histoire de la guerre civile en Amérique, Paris, Michel Lévy, 1874-1896, 7 vol. ; François d’Orléans, Prince de Joinville, Guerre d’Amérique. Campagne de l’armée du Potomac en Virginie, Paris, T. Claye, 1862.

[ 13 ] Cf. Farid Ameur, « ‘Au nom de la France, restons unis !‘ Les milices françaises de La Nouvelle-Orléans pendant la guerre de Sécession, 1861-1865 », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n° 28, automne 2008, p. 81-106.

[ 14 ] Régis de Trobriand, op. cit., I, p. 61.

[ 15 ] Institution antipathique aux mœurs américaines, la conscription est apparue dès avril 1862 dans les États du Sud. L’Union y recourt à son tour en vertu de la loi du 3 mars 1863 (Enrollment Act).

[ 16] The French and American Claims Commission: Records of Claims, Washington DC, Gibson Brothers and Bookfinders, 1884, 78 vol
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