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 LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR

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MessageSujet: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:00

LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION
EUROPEENNE DANS LA GUERRE
DE SECESSION
(SEPTEMBRE 1862-JANVIER 1863)
Fr. BALACE
Assistant au Séminaire d'Histoire Contemporaine de l'Université de Liège

La Belgique n'occupe qu'une place négligeable dans l'abondante historiographie relative aux relations diplomatiques et à l'opinion publique d'Europe face à la guerre de Sécession. Les meilleurs ouvrages
américains traitant de ces problèmes présentent même de l'opinion et de l'attitude belges une vue entièrement différente, selon qu'ils s'appuyent sur des documents diplomatiques d'origine fédérale ou
confédérée. Quant aux archives conservées au Ministère des Affaires Etrangères à Bruxelles, elles laissent l'impression que notre gouvernement essaya, à travers toute la guerre, de maintenir une neutralité aussi stricte que le permettaient les intérêts de nos industries et du
commerce transatlantique (1).
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:05

1 Sur l'histoire diplomatique de la guerre civile américaine, le meilleur ouvrage est celui de Frank L. OWSLEY, King Cotton Diplomacy. Foreign Relations of the Confederate States of America, 2e édition, University of Chicago, 1959. Plus vieillie est l'étude de D. JORDAN et E. J. PRATT, Europe and the American Civil War, New-York, 1931. On peut trouver un résumé de la position nordiste dans
J. MONAGHAN, Diplomat in Carpet Slippers, Indianapolis, 1945 et A. R. TYRNERTYRNAUER, Lincoln and the Emperors, New York, 1962.

Pour l'attitude anglaise, E. D. ADAMS, Great Britain and the American Civil War, 2 vol., New York, 1924, réédité récemment, n'a pas été remplacé. Pour la période qui nous intéresse plus particulièrement, voir Ch. F. ADAMS, Jr., « The Crisis of Foreign Intervention in the War of Secession, September-November
1862 », dans Massachusetts Historical Society Proceedings, t. XLVII (1914). Quant à la France, elle a fait l'objet de nombreuses publications parmi lesquelles nous citerons L. M. CASE, French opinion on the United States and Mexico 1860-1867, New-York 1936, et L. M. SEARS, „A Confederate Diplomat at the
Court of Napoleon III", dans American Historical Review, t. XXVI, pp. 255- 281.

Pour la Belgique, nous renverrons le lecteur à notre mémoire de licence inédit La Guerre de Sécession devant l'opinion belge 1861-1865, 3 vol., Université de Liège, 1966 et à la thèse doctorale de A. H. BRIDDON, La carrière publique de Henry S. Sanford, Université Libre de Bruxelles, 1953.
Nous nous sommes servis pour cette étude de nombreux fonds d'archives américains. Les documents livrés par ceux-ci sur l'ensemble des relations belgoaméricaines pendant le conflit seront publiés sous peu (La Guerre de Sécession et la Belgique. Documents d'archives américaines, Cahiers du Centre Interuniversitaire d'Histoire Contemporaine). Les fonds utilisés sont indiqués par les sigles
suivants ce travail :
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:09

La comparaison de ces différentes sources permet de comprendre quelle fut réellement la position belge face à ce grave conflit et met en valeur l'extraordinaire personnalité du Roi Leopold Ier, que ses
contemporains considéraient volontiers comme le conseiller de bien des Cours d'Europe. Son activité en faveur de l'indépendance des Etats du Sud se manifesta surtout pendant le climax of intervention,
cette période d'activité franco-britannique favorable à la cessation des hostilités au prix même de la sécession, phase qui trouva son point culminant pendant l'automne de 1862.

Le Gouvernement belge avait pris un grand intérêt aux tentatives de direct trade organisées peu avant la guerre par certains leaders sudistes, tel Howell Cobb, pour développer les importations directes des manufactures européennes dans les Etats du Sud. Une Société Belge-Américaine fut formée à Bruxelles en i860 et elle organisa, avec l'aide du Gouvernement, une exposition de produits belges en Géorgie. Celles-ci ne solda par un échec, la guerre ayant éclaté entre temps.

Cet intérêt manifesté par la Belgique pour l'établissement de relations plus étroites avec le Sud des Etats-Unis décida le nouveau Président Jefferson Davis à envoyer à Bruxelles, le 2 avril 1861, un émissaire chargé de faire reconnaître l'indépendance des Etats Confédérés par la Belgique. Le choix d'un petit pays neutre comme un des champs d'action de la diplomatie sudiste s'explique aussi par le parti qu'elle comptait tirer de la position de Leopold Гг au sein des Cours européennes et de l'influence qu'il exerçait sur la Reine Victoria.

Les sympathies politiques du Roi étaient anti-nordistes et il parlait avec dédain d',,Abraham Lincoln et du radicalisme rabique" a professé par les leaders fédéraux, II avait les mains libres pour agir éventuellement dans l'intérêt du Sud car il exerçait avec l'assistance de Jules Van Praet, Ministre de sa Maison, une action diplomatique privée totalement indépendante de la position du Cabinet belge.

Les Ministres des Affaires Etrangères, Aldolphe de Vrière jus-
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:10

L.C., P.P. : Library of Congress, Washington, Manuscripts Division, Pickett Papers (archives diplomatiques confédérées). Les Mason Papers de la même collection ont également été utilisés. N.A., St.Dept. : National Archives, Washington, State Department. A.M.A.E.B. : Archives du Ministère des Affaires Etrangères de Belgique, Bruxelles.

A.G.R. : Archives Générales du Royaume, Bruxelles. Sanford Papers : General Sanford Memorial Library, Sanford (Floride). 2 Leopold Ier à la Reine Victoria - Laeken, 17 octobre 1861. Edité par A. C.
BENSON et Viscount ESHER, Letters of Queen Victoria, vol. Ill, Londres, 1907,
P- 579-
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:18

qu'en octobre 1861 puis Charles Rogier, s'efforçaient quant à eux de maintenir une rigide neutralité de la Belgique dans le conflit américain. Une proclamation dans ce sens avait été publiée dès juin
1861 et la Belgique avait évité de suivre la France et la Grande- Bretagne en accordant aux Etats Confédérés les droits de belligérance. Les meilleures relations continuaient à être entretenues officiellement avec les Etats-Unis et leur représentant à Bruxelles, Henry S. Sanford.

Celui-ci considérait même le Roi comme favorable aux Etats du Nord, mais il consacrait surtout ses préoccupations à des activités d'espionnage et d'armement au profit de son pays 3. Il tenta cependant
d'obtenir l'intervention du Roi auprès de la Reine Victoria, pendant l'incident du Trent, à la fin de 1861, mais notre Souverain avait, semble-t-il, devancé ses voeux en intervenant en faveur de la paix. Une grave maladie, menaçant sa vie pendant les premiers mois de 1862, empêcha le Roi de prendre une part active aux idées d'intervention qui commençaient à agiter les milieux gouvernementaux français
et britanniques. Le blocus des ports du Sud par les Fédéraux empêcha en effet l'approvisionnement en coton des manufactures européennes et suscita une grave crise économique dont les effets
sont bien connus des historiens .

L'attitude belge allait connaître une nouvelle phase au printemps de 1862. Ambrose Dudley Mann, le curieux personnage envoyé par Davis comme émissaire du Sud à Bruxelles, s'était depuis peu installé
à son poste, après avoir résidé à Londres en attendant la libération par les Nordistes de ses collègues John Slidell et James Mason, représentants sudistes à Paris et Londres, qui avaient été capturés à
bord du Trent. C'était un diplomate enthousiaste et peu réaliste mais il parvint à nouer de discrets contacts avec la Cour de Belgique et le Ministère, sans cependant être jamais officiellement reçu.

Dès ce moment, la Belgique commença à jouer un rôle important dans les objectifs de la diplomatie sudiste. Dès avril 1862, le député anglais Lindsay, agent très actif du lobby confédéré de Londres, proposait à Napoléon III que la Belgique, en temps que puissance neutre, reconnaisse la première l'indépendance des Etats Confédérés, la France et la Grande Bretagne l'imitant peu après 5. L'Empereur préféra que l'Angleterre se charge de la démarche auprès du Gouvernement belge, démarche que ne fut jamais accomplie.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:20

3 Sur ces activités de Sanford, voir Harriett OWSLEY, „Henry Shelton Sanford and Federal Surveillance Abroad 1861-1865", dans Mississipi Valley Historical Review, XLVIII, 1961, pp. 211-228.
4 Pour les répercussions de la crise cotonnière en Belgique, voir l'étude récente de H. GALLE, La „Famine du Coton" 1861-1865. Effets de la guerre de Sécession sur l'industrie cotonnière gantoise, Université Libre de Bruxelles, Institut de Sociologie, Centre d'Histoire économique et sociale, 1967.
5 J. Slidell à J. P. Benjamin - n° 5 - Paris, 14 avril 1862. L.C., P.P., vol. 55/j.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:38

Sous la pression de la crise cotonnière, Charles Rogier, jusqu'alors neutre et plutôt favorable au Nord, accepta de recevoir Mann le 12 mai 1862, profitant d'une absence du Ministre des Etats-Unis. Cette entrevue cordiale fut suivie d'une note de Mann plaidant la ,cause de son gouvernement6. Aucune réponse ne fut donnée à ce document, mais les relations officieuses du représentant sudiste et des
milieux gouvernementaux belges étaient ouvertes.

Telle était sommairement la situation diplomatique des deux belligérants auprès de la Belgique en septembre 1862, lorsque la question d'une intervention européenne pour mettre fin au conflit commença à se poser.

A quoi peut-on attribuer le rôle que le Roi Leopold allait jouer dans le mouvement interventionniste ? Il ne semble pas que l'influence de Mann ait été très grande dans les décisions du Roi. Par contre,
il était sensible aux souffrances de la population ouvrière gantoise. Mais par dessus tout, le Souverain belge désirait l'éclatement des Etats-Unis pour diverses raisons : disparition de la « Grande République
» vers laquelle les milieux radicaux ne cessaient de tourner les yeux, évincement d'un rival de l'expansion commerciale britannique et enfin création à la frontière du Mexique d'un nouvel état mieux
disposé que les Etats du Nord envers une restauration monarchique.

Dès septembre 1861, on commençait à parler, d'abord très discrètement, de son gendre Maximilien comme d'un candidat possible pour le trône qui devait être relevé au Mexique. Le Roi comprit aussitôt
l'importance que l'indépendance des Etats du Sud présentait pour la stabilité du nouvel état, en formant une barrière entre celui-ci et les Etats-Unis soutiens de la Doctrine Monroe.

« Si la séparation des Etats-Unis n'avait pas eu lieu, écrivait-il à son gendre en octobre 1861, le Mexique eût été très menacé de ce cotélà, car l'idée de l'absorber complètement s'y était déjà implantée très profondément. Quelle que soit l'issue de la guerre, il n'y a plus à songer à des conquêtes futures au sud et le Sud aurait un intérêt à l'organisation du Mexique7. »

Le désir d'affaiblir le principal adversaire du futur empire qu'il espérait voir dévolu à Maximilien et à sa fille doit être considéré comme un des principaux motifs des interventions du Roi en faveur
des Etats Confédérés auprès de Napoléon III et du Cabinet britannique, mais le souci de mettre un terme aux souffrances des ouvriers cotonniers sans travail et aux graves répercussions économiques de la crise américaine entrait également en compte.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:39

6 A. D. Mann à J. P. Benjamin - n° 10 - Bruxelles, 13 mai 1862. L.C., P.P., vol. 16. A.D. Mann à Ch. Rogier - Bruxelles, 29 mai 1862. Idem.
7 Leopold Ier à Archiduc Maximilien - 25 octobre 1861. Wiener Haus- und Hofarchiv, Archives de Miramar, liasse 69, I, n° 29. Reproduit dans C. BRONNE, Lettres de Leopold V, premier Roi des Belges, Bruxelles 1943, p. 284.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:44

Après l'échec de la mission de Lindsay au mois d'avril et du voyage d'information du Baron Mercier à Richmond, la question d'une médiation européenne semblait être mise en veilleuse. A la fin de
juillet, une campagne de presse anti-nordiste se fit en France à la suite des agissements du Général Butler à la Nouvelle-Orléans et surtout de la victoire confédérée devant Richmond. Elle fut aussitôt
imitée en Grande-Bretagne, sur une base bien plus large, grâce aux efforts d'Henry Hotze, propagandiste officiel du Sud.

Sous l'influence de cette campagne et de rapports de Mercier narrant les défaites du Nord, l'Empereur reprit ses projets interventionnistes. Il s'inquiétait des intentions anglaises et le 16 juillet, il
reçut en audience John Slidell, le représentant sudiste à Paris. Celui-ci lui annonça que son collègue Mason et lui-même avaient l'intention de déposer des demandes de reconnaissance formelle auprès des
Cabinets de Londres et de Paris. Le Souverain français affirma qu'il était prêt à agir aussitôt que l'Angleterre lui aurait manifesté son intention de se joindre à lui 8.

En Grande-Bretagne pourtant, une motion de Lindsay demandant une intervention était ajournée par le Parlement en dépit du soutien de nombreux députés inquiets de la famine cotonnière. Pendant ce temps, Slidell préparait une longue note qu'il envoyait à Thouvenel le 21 juillet. Le 24, Mason adressait une note semblable à Lord Russell. Le 2 août, ce dernier refusait, en termes très froids, de reconnaître le Sud et même de recevoir Mason. Thouvenel par contre garda le silence, mais fit prévenir discrètement Slidell de ce que le refus anglais empêchait la France d'agir9. Le tenace Slidell, sûr de l'acquiescement de principe de la France, tenta alors d'obtenir de l'Empereur qu'il agisse sans attendre l'appui anglais, dont il attribuait le refus au désir de voir le Nord s'épuiser par la guerre10.

Au moment où il rejettait la note de Mason, le Cabinet britannique était cependant disposé à changer sa politique sous la pression de la crise du Lancashire qui prenait des proportions catastrophiques,
près de 400.000 ouvriers se trouvant sans travail. Russell avait envoyé plusieurs dépêches pressantes à Washington, pour obtenir l'autorisation d'importer du coton en dépit du blocus des ports du Sud, mais
sans succès. Il en vint alors à envisager la proposition d'un armistice.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:45

8 F. L. OWSLEY, op. cit., pp. 296-312. J. Slidell à J. P. Benjamin - n° 10 - Paris, 25 juillet 1862 - L.C., P.P., vol. 55/1.
9 F. L. OWSLEY, op. cit., pp. 313-326. J. Slidell à Thouvenel - Paris, 21 juillet 1862 - L. C, idem.
10 J. Slidell à J. P. Benjamin - n° 12 - Paris, 24 août 1862. Idem.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:49

Palmerston, impressionné par les victoires militaires du Sud 11 et persuadé d'une capture de Washington par les Confédérés, lui recommandait aussi une médiation conjointe avec la France12. Le 17 septembre, Russell se ralliait à l'opinion de son collègue et estimait
qu'en cas de rejet de cette proposition, l'indépendance du Sud devrait être reconnue. La France, et peut-être la Russie, pourraient se joindre à la démarche anglaise 13.

Palmerton trouvait ce plan excellent, mais désirait voir la Russie s'y joindre en même temps que la France, et non après M. Russell demanda en conséquence à Lord Cowley, le représentant britannique
à Paris, d'examiner la question avec Thouvenel. Le diplomate anglais nia cependant, par la suite, avoir approché le Cabinet des Tuileries à ce propos15.

Le 24 septembre, Palmerston informait son collègue Gladstone du plan de médiation élaboré par Russell et par lui pendant tout le mois de septembre. Ce plan prévoyait une offre de médiation conjointe
franco-britannique, à laquelle la Russie pourrait être conviée. Cette offre se ferait aux deux belligérants sur la base d'une séparation. En cas de refus par les deux camps, la guerre continuerait. Si par contre
le Sud acceptait, un refus du Nord entraînerait la reconnaissance de l'indépendance du Sud, la neutralité britannique étant maintenue. Palmerston souhaitait que cette offre soit faite aux alentours du
15 octobre, après le retour à son poste de Lord Lyons, Ministre à Washington16.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Lun 14 Jan - 19:51

11 Notamment la victoire de Lee sur Pope, à Manassas, le 29 août.
12 H. Palmerston à J. Russell - Londres, 14 septembre 1862. « ... It seems not altogether unlikely that still greater disasters await them [les Fédéraux] and even Washington or Baltimore may fall into the hands of the Confederate. If this should happen, would it not be time for us to consider whether in such
a state of things England and France might not address the contending parties ,and recommend an arrangement upon the basis of separation... » Reproduit dans S. WALPOLE, Life of Lord John Rusell, t. II, Londres 1889, p. 349.
13 J. Russell à Palmerton - Gotha, 17 septembre 1862. « ... I agree with you that the time is come for offering mediation to the United States Government,n with a view to the recognition of the independence of the Confederates. I agree further that, in case of failure, we ought ourselves to recognize the Southern States ... We ought then ... to propose it first to France, and then, on the part of England and France, to Russia and other powers ... » S. WALPOLE, op. cit., PP- З49-350. u H. Palmerston à J. Russell - Broadlands, 23 septembre 1862. S. WALPOLE,
op. cit., p. 350.
15 F. L. OWSLEY, op. cit., pp. 343-344.
16 H. Palmerston à W. GÎadstone - 24 septembre 1862. Reproduit dans F. L. OWSLEY, op. cit., p. 345.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:35

C'est à la même date vraisemblablement que Palmerston averti le Roi Leopold de son projet. Sa lettre fut montrée par Van Praet en juin 1863 au Baron Malaret, Ministre de France à Bruxelles, pour le
convaincre des sentiments du Cabinet anglais en septembre 1862. « La lettre de Lord Palmerston, rapportait Malaret, est adressée au Roi et date du mois de septembre de l'année dernière. Sauf les termes dont je ne saurais être sûr après une simple audition, le paragraphe qui m'a été lu établit clairement que le temps approche où une médiation de la France, de l'Angleterre et de la Russie (si elle le veut) sera le meilleur ou l'unique moyen de trancher la question américaine, même au prix d'une reconnaissance du Sud. Les choses, ajoute le Premier Lord de la Trésorerie, marchent à une crise dont l'issue ne saurait être favorable à l'ambition des Etats du Nord17.» Cette lettre au Roi était quasiment la copie de celle envoyée à Gladstone et à d'autres membres du Cabinet britannique.

Pourquoi Palmerston avait-il fait part à notre Souverain des intentions du Cabinet anglais, sans que le Roi l'ait approché au sujet d'une médiation18 ? Il y avait là bien plus qu'un acte de déférence envers le Doyen des Souverains d'Europe. Palmerston comptait en effet obtenir l'appui enthousiaste du Roi dont les sympathies pour les Etats du Sud étaient connues de la Cour d'Angleterre. L'influence
de Leopold pourrait tout d'abord s'exercer sur la Reine Victoria et la gagner au projet de médiation. D'autre part, le Roi pourrait être un auxiliaire précieux de la diplomatie britannique auprès de Napoléon
III.

Dès le 12 septembre en effet, Lord Cowley était entré en relation avec Thouvenel au sujet d'une médiation et Slidell l'avait appris par l'intermédiaire de Lord Shaftesbury, le gendre de Palmerston. Thouvenel avait élevé des objections, mais il était sur le point de quitter le Quai d'Orsay19. Il importait donc surtout de connaître la position de l'Empereur et sa « coopération la plus franche » x était nécessaire.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:38

17 Baron Malaret à Drouyn de Lhuys - n° 25bis - Bruxelles, 16 juin 1863.Archives des Affaires Etrangères de France, Cor. Politique, Belgique. Copie aux A.M.A.E.B. (A.E.F., n° 1522). La comparaison des termes rapportés par le diplomate français avec ceux de la lettre à Gladstone s'impose : «... the time is fast approaching when some joint offer of Mediation by England, France and Russia, if she would be a Party
to it, might be made... ».
18 Leopold Ier à J. Russell - 31 octobre 1862. « Lord Palmerston had written to me, without my having named the subject, that he thought the time had come to offer a mediation and to recognise the Southern States... ». G. P. GOOCH, The later correspondence of Lord John Russell 1840-1878, vol. II, Londres 1925.
19 J. Slidell à J. P. Benjamin - n° 15 - Paris, 29 septembre 1862. L.C., P.P., vol. 55/1. F. L. OWSLEY, op. cit., pp. 342-344.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:41

Le 26 septembre, Russell écrivait à Gladstone que le Cabinet pourrait agir le 16 octobre, pour autant que les vues anglaises puissent être communiquées à la France et à la Russie avant le 15 21.

C'est sous l'influence de la lettre de Palmerston que le Roi allait écrire le 15 octobre 1862 à Napoléon III pour demander son appui dans une médiation. Sans doute l'Empereur alla-t-il plus loin que ne le souhaitait Palmerston en prenant l'initiative de cette proposition. Cette date du 15 octobre doit être rapprochée de celle mise en avant par Russell et Palmerston dans leurs projets. En attendant cette date, le Roi sonda Henry Sanford, le Ministre des Etats-Unis à Bruxelles, sur les réactions éventuelles du Nord à une telle proposition. La réponse fut peu favorable et Sanford l'assura que son Gouvernement confiait aux armes le soin de décider de la paix 23 . Le représentant sudiste Mann, de son côté, envoya le 13 octobre à Rogier une note énumérant les droits des Etats Confédérés à obtenir la reconnaissance de leur indépendance par l'Europe2S.

Sans cloute le Roi attendit-il d'avoir vu la Reine Victoria avant d'écrire à l'Empereur. Sa nièce était peut-être déjà acquise au principe de la médiation, car, dès le 7 octobre, une « haute source d'information
» avertissait Mann de l'arrivée de la Reine à Bruxelles pour le 13 octobre, au retour d'un voyage en Allemagne, et du séjour de deux ou trois jours qu'elle effectuerait auprès de son oncle. Selon
l'informateur de Mann, dans lequel il n'est pas interdit de reconnaîtreVan Praet, la reconnaissance des Etats du Sud ne serait plus qu'une question de jours après le retour de la Reine en Angleterre 24.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:43

20 Leopold Ier à Archiduc Maximilien - Laeken, 27 octobre 1862. Voir ci-dessous.
21 J. Rüssel à Gladstone - 26 septembre 1862. «... I am inclined to think that October 16 may be soon enough for a Cabinet, if I am free to communicate the views which Palmerston and I entertain to France and Russia in the interval between this time and the middle of next month. These had the offer of
mediation to both parties in the first place, and in the case of refusal by the North recognition accompanied by a declaration of neutrality... » (cité par F. L.
OWSLEY, op. cit., p. 345).
22 H. S. Sanford à W.H. Seward - n° 72 - Bruxelles, 8 octobre 1862. N.A., St. Dept. Archives, Dispatches, Belgium, vol. 6.
23 A.D. Mann à Ch. Rogier - Bruxelles, 13 octobre 1862. L.C., P.P., vol. 16. Il n'y avait dans cette note de propagande aucun élément qui ait pu décider le Roi mais Mann attribua à sa note la décision du Roi de faire appel à la mediation de l'Empereur (A. D. Mann à J. P. Benjamin - n° 32 - Londres,
21 novembre 1862. Idem). Il est regrettable que dans sa remarquable étude sur la diplomatie sudiste,
Frank L. Owsley n'ait pas effectué de rapprochement entre les déclarations de Russell et de Palmerston d'une part, l'intervention du Roi de l'autre. Il ne souffle mot sur le rapport de Malaret, qui éclaire cet écheveau compliqué, mais déclare pourtant avoir dépouillé les correspondances des Ministres de France en Belgique. La mention de la lettre de Palmerston aurait pu attirer son attention sur ce point.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:46

Le Roi, après avoir vu sa nièce, écrivit le 15 octobre à Napoléon III une lettre lui demandant de prendre l'initiative de proposer une médiation dans les affaires américaines et de mettre fin au conflit. Il est probable que Van Praet fut chargé de remettre ce document à Paris et vit l'Empereur. Sous le couvert de motifs humanitaires, le Roi constatait la séparation inévitable des Etats de l'ancienne Union et demandait à l'Empereur de la consacrer par son intervention25.

L'Empereur fit assurer le Roi de son accord et le 27 octobre, Leopold pouvait se réjouir du succès de sa démarche. « Dernièrement, écrivait-il à son gendre Maximilien, j'ai essayé de donner une impulsion
à l'affaire d'Amérique. L'opinion publique très timide a fait depuis des progrès en Angleterre, pour préparer la reconnaissance des Etats du Sud comme étant tout à fait dans son intérêt. La coopération
la plus franche de l'empereur Napoléon était absolument nécessaire et il me l'a promise. La forme serait d'offrir des bons offices par l'Angleterre, la France et peut-être avec l'adhésion de la Russie. Si
ces bons offices, comme il est probable sont refusés, la reconnaissance des Etats du Sud en sera la suite logique. 26 »

Le Roi signalait aussi que Palmerston avait admis cette opinion, mais qu'il y avait encore en Angleterre « bien des trembleurs » redoutant la force des Etats du Nord. « Ils devraient donc à fortiori, objectait-il, saisir l'occasion actuelle d'agir en commun avec la France, occasion qui ne sera peut-être jamais plus si favorable. » Pour convaincre l'Empereur, il avait pris soin de lui montrer l'importance de la Confédération « pour son opération mexicaine » 27.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:50

24 A. D. Mann à J. P. Benjamin - n° 25 - Bruxelles, 7 octobre 1862. Idem.A.D. Mann à J. P. Benjamin - n° 32 - Londres, 21 novembre 1862. Idem. « ... A few days after the date of my note to Mr. Rogier, of the 13th October, I received intelligence, through a channel which I am not at liberty to mention, that King Leopold had written an autograph letter on the 15th of that month to Louis Napoleon... This letter was succeeded by letters of a similar character adressed by the King of Belgians to the Sovereigns of other Powers and States... ». Cette dernière assertion ne peut être retenue.
25 Memorandum de J. Slidell - 28 octobre 1862. Idem, vol. 55/1. «...The King urges in the warmest manner, for the cause of humanity and in the interests of the suffering populations of Europe, that prompt and strenuous effort should be made by France, England and Russia to put an end to the bloody
war that now desolates America. He expresses his perfect conviction that all attempts to reconstruct the Union of the United States are hopeless; that final separation is an accomplished fact; and that it is the duty of the great powers so to treat it that recognition or any other course that might be thought best
calculated to bring about a peace should at once be adopted. The appeal is made with great earnestness to the Emperor to bring the whole wheight of his great name and authority to bear on the most important question of his day... ».
26 Leopold Ier à Archiduc Maximilien - Laeken, 27 octobre 1862. Wiener Hausund Hofarchiv, Archives de Miramar, liasse 69, II, n° 365. Reproduit dans E. C. CoRTi, Maximilien et Charlotte du Mexique, t. I, Paris 1927, p. 149.
27 Idem. Voir aussi le memorandum de Slidell, loc. cit. : « I forgot to mention that King Leopold, in his letter, spoke of his wishes for the success of the French arms in Mexico and the establishment under their protection of a stable and regular Government... ».
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:54

Le Roi était sûr de la coopération française mais il fallait s'assurer de l'appui britannique aux ouvertures de l'Empereur. C'est ainsi que Jules Van Praet partit pour Londres en mission auprès de Palmerston pour le compte de Napoléon III28, tandis que le Roi recommandait à Lord Russell de saisir l'occasion tendue par Paris 29.

Au même moment, d'autres influences s'exerçaient sur les décisions de l'Empereur quant à une éventuelle offre de médiation. Depuis la fin de septembre, le Ministère des Affaires Etrangères n'avait cessé de recevoir des dépêches particulièrement pressantes de la Légation de France à Washington. Dans ses rapports, le Baron Mercier demandait que la France invite le Gouvernement américain à mettre un terme au conflit et il estimait que si cet « avertissement amical » n'était pas écouté, les puissances européennes pourraient agir en conformité avec leurs propres intérêts. Il s'attachait également à brosser un tableau fort sombre des revers des armées fédérales et des horreurs qui suivraient la proclamation de l'émancipation des esclaves, qui détruirait probablement l'économie cotonnière du Sud30.

Le 26 octobre, Slidell rencontrait Drouyn de Lhuys, qui venait de succéder à Thouvenel au Ministère des Affaires Etrangères. Le diplomate sudiste était persuadé de ce que la Grande-Bretagne refuserait
de se joindre à toute initiative en faveur de la paix aux Etats- Unis et demandait en conséquence que la France agisse seule. Drouyn de Lhuys lui objecta l'impossibilité d'une telle mesure 31. Deux jours plus tard, le 28, Slidell obtenait une audience del'Empereur à Saint-Cloud32.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 17:56

28 Sur la mission de Van Praet, voir ci-dessous.
29 Leopold Ier à J. Russell - 31 octobre 1862. « ... The present moment is of the intensest importance, as one as my neighbour entirely and for obvious reasons of one mind with England. That is not the feeling of many French who wish the North well as future enemies of England... ». G. P. GOOCH, The
later correspondence of Lord John Russell 1840-1878, vol. II, Londres 1925,
p. 332. Selon Mann, dont nous connaissons les interprétations erronées, Napoléon III aurait refusé de reconnaître immédiatement le Sud au reçu de la lettre du Roi (A. D. Mann à J. P. Benjamin - n° 32 - Londres, 21 novembre 1862. L.C.,P.P., vol. 16).
30 F. L. OWSLEY, op. cit., pp. 329-333.
31 J. Slidell à J. P. Benjamin - n° 19 - Paris, 28 octobre 1862. Idem, vol. 55/1.
32 Sur cettte entrevue, voir le memorandum rédigé par Slidell. Idem.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 18:02

Très rapidement, le Souverain français en vint à discuter de l'éventualité d'une intervention française en
Amérique. Il craignait qu'en agissant seule, la France ne soit entraînée dans une guerre maritime avec les Etats du Nord. Il s'informa auprès de Slidell des réactions que provoquerait dans les deux camps
une proposition de médiation conjointe de la France, de la Russie et de l'Angleterre, c'est à dire le plan qui lui avait été soumis par le Roi Leopold.

Sildell était particulièrement réticent. Il assura l'Empereur que cette mesure serait sans doute agréée par le Cabinet de Washington, mais qu'il ne pouvait engager la décision de son gouvernement. Il n'avait guère confiance en la Grande-Bretagne et se montrait opposé à une médiation à trois. Dans celle-ci en efïet, la France se verrait mise en minorité, les sympathies nordistes de la Russie étant connues.
Par contre, Slidell verrait avec plaisir une médiation conjointe francobritannique.

L'Empereur lui exposa alors son plan : proposition d'un armistice de six mois et ouverture des ports du Sud au commerce européen. Cette mesure serait présentée sous un prétexte humanitaire et le refus du Nord conduirait à la reconnaissance du Sud « et peut-être une plus active intervention ». Slidell se rallia à ce plan, qu'il avait d'ailleurs suggéré lui-même dès février 1862 à Thouvenel.

Comme l'envoyé sudiste doutait encore de la coopération de la Grande-Bretagne au projet de l'Empereur, celui-ci lui rétorqua qu'il avait reçu une lettre du Roi Leopold, datée du 15 octobre, lui demandant de prendre Pinitiative d'une mesure pacificatrice, et montra le document à Slidell. Pour Napoléon, cette lettre était la preuve des bonnes dispositions britanniques et il expliqua qu'elle avait été écrite par le Roi pendant le séjour de la Reine Victoria à Bruxelles. Nul n'avait plus d'influence que Leopold Ier, qui assumait le rôle de conseiller depuis la mort du Prince Albert, et Napoléon III était convaincu que cette lettre avait été écrite après que le Roi eut convaincu sa nièce de la nécessité d'une intervention.

Slidell n'était pas encore convaincu et rappella les dénégations de Lord Cowley. Sans révéler les avances que Russell avait faites par l'intermédiaire de ce dernier, l'Empereur répondit que le Cabinet britannique ne considérait que ce qui était écrit, mais que Londres avait déjà été pressenti par la diplomatie française. Dans la suite de la conversation, l'envoyé du Sud ne manqua pas de promettre à la France la liberté du commerce et le coton nécessaire, mais il assura également l'Empereur de l'approbation des autorités confédérées à l'expédition mexicaine
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 18:08

Les idées qu'avait émises notre Roi se voyaient une nouvelle fois confirmées par les événements.

Au sortir de l'audience, Slidell se hâta d'informer son collègue James Mason des perspectives réconfortantes ouvertes par l'Empereur. Il était convaincu du succès de la proposition d'un armistice de six mois et de l'ouverture des ports du Sud par la France, la Russie et la Grande-Bretagne. Ce projet lui semblait devoir réussir à cause du support du Roi Leopold, dont il avait compris l'importance. « L'Empereur, écrivait-il le 29, pense que ses conseils auront une grande influence et peut-être Lord Palmerston, en trouvant la Reine avec nous, pourra être disposé à agir.33 » Mason lui aussi considéra la
lettre du Roi comme le gage de la coopération britannique à la
médiation 34.

L'Empereur, de son côté, agissait fort vite. Le 30 octobre, soit deux jours après son entrevue avec Slidell, il faisait envoyer au Baron Mercier une dépêche l'informant que la France offrirait sa médiation
après avoir proposé un armistice de six mois. Le lendemain, Drouyn de Lhuys prévenait Lord Cowley de la décision de son maître et le chargeait de demander à son gouvernement une action conjointe anglorusse, entraînant l'armistice et la levée du blocus. La Russie, très favorable au Nord, déclina immédiatement la proposition française".

En Grande-Bretagne, Palmerston décida de faire trancher la question par une réunion spéciale du Cabinet le 11 novembre. Slidell espérait qu'en cas d'accord, plusieurs pays neutres, dont la Belgique,
se rallieraient à la proposition française 36.

Le rôle d'intermédiaire du Roi entre Londres et Paris allait se renverser par la collaboration active de Jules Van Praet à la présentation du projet français au Cabinet britannique. Van Praet participait activement à la politique américaine de son maître, et l'Empereur, « suivant les procédés habituels de sa politique » eut recours à lui « pour agir sur l'esprit du Premier Britannique et le persuader d'intervenir
avec lui en Amérique эт ».

« Leopold Ie r , écrit le Baron Beyens, autorisa en effet son serviteur de confiance à faire, dans un but d'humanité et plus encore dans l'intérêt de son gendre, l'Archiduc Maximilien38, la démarche demandée
par Napoléon.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 18:09

33 J. Slidell à J. Mason - Paris, 29 octobre 1862. L.C., Mason Papers, vol. 3.
34 J. Mason à J. Slidell - Londres, 31 octobre 1862. Idem, vol. 3.
35 F. L. OWSLEY, King Cotton Diplomacy..., pp. 336, 354.
36 J. Slidell à J. P. Benjamin - n° 20 - Paris, 11 novembre 1862. L.C., P.P., vol. 55/1. Il comptait sur le support de l'Espagne, de la Belgique, du Danemark et de la Suède.
37 BEYENS, Le Second Empire vu par un diplomate belge, Lille-Paris, s.d., t. I,
pp. 306-307.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 18:14

Elle n'eut pas le succès désiré. M. Van Praet se rendit à Londres, vit Palmerston et ne parvint pas à le décider à une action diplomatique entreprise de concert avec la France et la Russie. 11 m'a reconté lui-même, vingt ans plus tard, sa mission demeurée secrète, quand j'avais l'honneur de servir sous ses ordres le Roi Leopold II. ».

La mission londonienne de Van Praet semble en eflet être restée secrèteзэ, mais elle était une conséquence évidente de l'initiative royale du 15 octobre.

Palmerston y avait sans doute déjà répondu négativement lorsque le Cabinet britannique s'occupa de la proposition française les 11 et 12 novembre. Lord Russell se fit l'avocat de son acceptation par la
Grande-Bretagne mais il rencontra la ferme opposition d'une partie du Cabinet groupée autour de Georges Lewis, le ministre de la guerre, qui craignait une réaction violente des Etats du Nord devant
un armistice par trop favorable au Sud. Palmerston soutint faiblement les arguments de Russell et donna aux membres du Cabinet l'impression qu'il essayait de sauvegarder sa position au sein du Gouvernement
tout en évitant de se brouiller avec Russell. Devant ces tergiversations, Russell informa Cowley, le 13 novembre, du rejet par le Cabinet de la proposition française de médiation conjointe 40.

La décision du Cabinet britannique peut sembler curieuse si l'on se rappelle les projets interventionnistes formulés par Russell et Palmerston pendant le mois de septembre 1862 et dont ce dernier avait fait part au Roi Leopold. Que s'était-il passé ?

Les deux hommes d'état avaient toujours considéré une victoire du Sud comme le postulat de toute intervention européenne. Palmerston, persuadé d'une défaite fédérale41, laissait au sort des armes le soin de trancher le conflit 42.
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Mar 15 Jan - 18:17

38 Idem. « ... Il [l'Empereur] savait bien qu'il flatterait ainsi l'ambition, chère à notre Souverain, d'assurer à sa fille la couronne du Mexique, en écartant le danger d'une république américaine trop voisine et trop puissante... »
39 Nous avons dépouillé en vain la correspondance privée entre S. Van de Weyer et Van Praet (A.G.R., Papiers Van de Weyer, 274), ainsi que la correspondance de la Légation de Londres pour la période envisagée (A.M.A.E.B., Cor. Politique, Grande-Bretagne, vol. 42). On n'y trouve pas mention du voyage de Van Praet à Londres. On sait que les papiers personnels de ce dernier furent détruits par ses héritiers, selon sa volonté expresse.
40 F. L. OWSLEY, op. cit., pp. 356-357; E. D. ADAMS, Great Britain and the American Civil War, II, pp. 63-67.
41 Voir le passage de la lettre au Roi cité par Malaret : « crise dont l'issue ne saurait être favorable à l'ambition des Etats du Nord ».
42 H. Palmerston à J. Russell - 2 octobre 1862 (Russell Papers, Public Record Office, Londres). « ... The whole matter is full of difficulties and can only be cleared up by some more decided events between the contending armies... »
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MessageSujet: Re: LEOPOLD 1er ET L'INTERVENTION EUROPEENNE DANS LA CIVIL WAR   Aujourd'hui à 19:46

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